Ma P'tite Bibli

23 mai 2015

Jusqu'à ce que la mort nous unisse - Karine Giébel

JCQLMNU

Quatrième de couverture :

La montagne ne pardonne pas. Vincent Lapaz, guide solitaire et blessé par la vie, l'apprend aujourd'hui à ses dépens : la mort vient de frapper, foudroyant un être cher. Simple accident ? Vincent n'en croit rien : la victime connaissait le parcours comme sa poche. C'est un meurtre. Avec l'aide d'une jeune gendarme, Vincent mène l'enquête, de crevasses en chausse-trapes, déterrant un à un les secrets qui hantent cette vallée. Et Lapaz non plus n'est pas du genre à pardonner...
"Ce livre est un captivant suspense psychologique avec, en toile de fond, les décors majestueux de la montagne." Jean-Paul Guéry, Le Maine Libre
Ce ouvrage a reçu le Prix des Lecteurs au Festival Polar de Cognac.

***
Mon avis :

Karine Giébel, c'est un peu ma sauveuse. J'ai traversé la semaine dernière un genre de Triangle des Bermudes de la lecture, un de ces moments où aucun bouquin ne passe, où chaque page que je lis est oubliée dans la foulée. À une époque, je m'entêtais, très lourdement, l'abandon ne faisait pas partie des choses acceptables. Maintenant, j'ai compris, je n'insiste plus : si ça ne passe pas, j'arrête. Quitte à reprendre plus tard. Et la semaine dernière, j'ai souvent arrêté. Trois fois précisément.
Heureusement, avec le temps, j'ai réussi à identifier les auteurs capable de briser ce genre de spirale infernale. Karine Giébel en fait incontestablement partie.

Ses romans ont le don de me happer et celui-ci n'a pas failli à la règle. Malgré quelques réserves, je t'en parlerai plus loin.

Vincent est guide en montagne. La blessure dont la quatrième de couverture parle sans en parler, c'est le départ de sa femme. Sans préavis, quasiment sans explication, si ce n'est une phrase lapidaire laissée sur l'ordinateur. Un départ dont il ne s'est évidemment pas remis, et qui influe encore lourdement sur sa vie et ses relations aujourd'hui. Heureusement, il y a Pierre, l'ami fidèle. Et la montagne, personnage à part entière de cette sombre histoire avec la vengeance pour toile de fond.

Très honnêtement, ce n'est pas le meilleur roman que j'aie lu de cet auteur, loin de là même. Je n'ai pas perçu la tension psychologique qui est le propre de ses ouvrages d'ordinaire, et qui est allée parfois jusqu'à me mettre terriblement mal à l'aise. Là, franchement, il n'y a pas de quoi frissonner. Pour couronner le tout, j'avais percé le secret de l'intrigue à quelques 150 pages de la fin... Une intrigue qui n'est pas d'une grande complexité, ni véritablement menée de façon passionnante, les personnages sont, quant à eux, trop manichéens pour être réellement attachants.
Mais il n'en reste pas moins un bon divertissement, qui se lit rapidement. Parfait pour sortir du Triangle des Bermudes de la lecture ! Depuis, ça va mieux, merci.

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26 mai 2010

La couronne verte - Laura Kasischke

LaCouronneVerte

Quatrième de couverture :

Véritable rituel, les vacances de printemps aux États-Unis marquent le passage à l'âge adulte pour les élèves de terminale, qui partent une semaine entre eux dans un cadre exotique.
Face à l'insistance de leur amie Terri, Anne et Michelle renoncent à une croisière dans les Caraïbes et potent pour les plages mexicaines. En dépit des mises en garde maternelles, Anne et Michelle acceptent d'aller visiter les ruines de Chichén Itzá en compagnie d'un inconnu... Pour leur plus grand malheur.
Un roman aussi troublant que profond.

Laura Kasischke, dont les romans, où la beauté le dispute à l'étrange, ont un cachet unique, ne fait jamais de l'évènement attendu le point d'orgue dramatique de ses histoires, mais l'arrière-plan d'une intrigue plus complexe.
Sabine Audrerie, La Croix.

Livre vertigineux et magnifique, La Couronne verte est une oeuvre philosophique, une fiction angoissante et un grand roman d'apprentissage.
Christine Ferniot, Lire.

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Mon avis :

Second livre de Laura Kasischke que je lis, après Rêves de garçons, dont j'avais parlé ici, La couronne verte a tout d'abord été un coup de coeur "visuel" !
C'est sa couverture qui m'a littéralement accrochée un jour que je déambulais entre les tables du secteur littérature du magasin...
Ajouté à cela une quatrième de couverture intrigante à souhait et le mal était fait : je ne pouvais faire autrement que l'acheter.

Le Spring break, si vous n'en avez jamais entendu parler, c'est ce moment de l'année au printemps où les étudiants américains font relâche avant d'attaquer les examens de fin d'année. Idéalement, en partant au soleil, en Floride, République Dominicaine ou au Mexique la plupart du temps. Une ou deux semaine de débauche totale, avec fête de jour comme de nuit... Sexe, drogue, alcool... On goûte à tout, on se lâche sur tout... Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion de voir des images ou des reportages à la télévision sur le sujet, mais autant vous dire que ça fait peur. Franchement.

Et c'est donc pour ce séjour que s'envolent Anne, Michelle et Terri. Un séjour, comme un rite de passage à l'âge adulte, où le mal ne sera jamais là où on le pense. Qui ne se déroulera pas comme elles l'auraient rêvé.

Un livre vraiment profond et haletant, à la saveur de roman initiatique. Laura Kasischke excelle vraiment dans sa manière de dépeindre le monde adolescent. Son style pur et sobre met merveilleusement cette histoire sombre en valeur. On se laisse emporter par cette histoire à la saveur douce amère, quitte à ne pas en sortir indemne.

Un magnifique roman !

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25 mai 2010

Jaune Caravage - Gilda Piersanti

JauneCaravage

Rome, 2006. La Nuit Blanche fait place à l'aurore. Les bruits de la fête se sont évanouis. pour Eva aussi, la fête est finie : sur les bords du Tibre gît l'adolescente, fauchée au printemps de sa vie, un matin d'automne romain.
Arrachée au plus bel âge de la vie, vraiment ?
Mariella De Luca en doute fort : au fur et à mesure de son enquête, l'inspecteur principal prend conscience des errements d'une génération déboussolée. Cellules familiales éclatées, sexe, drogues, trahisons, fascinations gothiques pour la mort... La jeunesse italienne n'est pas en reste de blessures, de perversités. Victimes et bourreaux s'échangent souvent les masques - et si la vie est un jeu, le crime, lui, ne connaît pas de gagnant...

"Une écriture précise, qui frappe droit au but, mais sans sècheresse, qui n'esquive aucun détail sanglant mais contourne le sordide avec élégance." M.P. - Les Échos

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Après Rouge abattoir, Vert Palatino et Bleu catacombes, voici enfin le quatrième et dernier volet des Saisons Meurtrières de Gilda Piersanti sorti en poche !
J'avais littéralement dévoré les trois premier sur un seul week-end, j'attendais donc la suite et la fin avec une grande impatience...
Peut-être trop grande me direz-vous parce que, du coup, je l'ai trouvée un peu fade, pas assez fouillée, presque superficielle... :-(

Pour l'aspect "polar", c'est une fois de plus une réussite, je ne peux pas dire le contraire.
L'ambiance est malsaine à souhait, l'intrigue super bien ficelée, Rome comme à son habitude est un personnage à part entière du roman... Tout ça, c'est OK !

Ce que j'ai moins aimé, c'est la façon dont est traité le "fil rouge" de cette tétralogie, à savoir les relations entre Mariella De Luca et la famille de son patron...
J'en attendais beaucoup, l'auteur avait réussi dans les premiers tomes à créer un véritable suspense quant au mystère du fils disparu. Suspense qui a, semble-t-il, été complètement laissé de côté cette fois-ci.
Vraiment dommage, il y avait probablement mieux à faire.

Il reste que cette série est vraiment très bonne, à conseiller et à consommer sans modération !

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24 mai 2010

Une parfaite journée parfaite - Martin Page

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Tenter de se suicider peut être une occupation très prenante. Une journée durant, un homme s'attèle à la tâche : bricolage de chaise électrique, cocktail explosif d'anti-dépresseurs, tout y passe. Pour celui qui collectionne les émotions de ses collègues et prend ses vacances dans un ascenseur, rien n'est simple... On peut se sentir inadapté à la vie et, bizarrement, ne pas parvenir à la quitter.

Né en 1975, Martin Page vit à Paris. Son premier roman, Comment je suis devenu stupide, a été un énorme succès critique et public. Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays. Une parfaite journée parfaite est son deuxième roman.

"Cher Martin Page, depuis combien de temps n'a-t-on pas été aussi sensible, émouvant et drôle que vous ?" ELLE

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Parfois, rarement en fait, je referme un livre avec une seule question en tête : "L'ai-je aimé ou non...?"...
C'est, vous le devinez, le cas de celui-là.

Les plus, c'est incontestablement l'univers onirique dans lequel nous embarque Martin Page. Très difficile à expliquer, mais on se sent happé dans un monde ni tout à fait réel, ni tout à fait irréel et on s'y sent plutôt bien à vrai dire.
La langue aussi... L'auteur la manie avec un talent rare et une poésie touchante... Témoin cette phrase que j'ai lue et relue tant je l'ai aimée : "L'hiver couche le jour plus tôt afin qu'il n'ait pas froid"... Charmant, non...?

Par contre, je dois être vraiment trop terre-à-terre et ça me contrarie vraiment...
Le coup du requin dans le corps par exemple, j'ai un mal fou à y voir une métaphore...
Je prends tout au pied de la lettre et ça me gâche le plaisir, je le reconnais.
Chacun des suicides du héros, je le prends comme un vrai suicide... Vous imaginez alors combien il a été difficile pour moi d'avancer dans ma lecture. Parfois je m'en veux d'être une aussi mauvaise lectrice, surtout devant un bouquin comme celui-là qui a visiblement fait l'unanimité...

Heureusement, tout ceci a été sauvé par la postface signée de Martin Page en personne.
Ces quelques pages m'ont aidée à vraiment apprécier ce que je venais de lire, à en mesurer la portée et le sens.

Tout comme les quelques lignes que je termine ici m'ont permis de me positionner définitivement : j'ai aimé ce livre !!!

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02 avril 2010

Aux malheurs des dames - Lalie Walker

MalheursDames

La tension monte au Marché Saint-Pierre, temple du tissu au mètre. Lettres anonymes, menaces, étranges poupées de chiffon clouées aux portes, persistante odeur de brûlé dans les étages... Et bientôt des employées manquent à l'appel. Alors que la peur envahit les pentes de Montmartre, le brouillard s'épaissit. Qui peut bien être à l'origine de ces agressions : un concurent malveillant, des prédateurs liés au Milieu, un fou...? La police piétine, l'étau d'une construction implacable se resserre sur le Marché.
Dans la psychose générale, Rebecca Levasseur prend l'enquête en main, arpentant les ruelles de la Butte, sondant les âmes et les consciences à la recherche des disparues.
Saint Pierre, priez pour elles !

Ecrivain, scénariste, psychothérapeute, Lalie Walker est l'auteur de nombreuses nouvelles et de romans noirs, parmi lesquels L'Appel du barge (Baleine, 2007) et La Stratégie du fou (Folio policier, 2008), suite de N'oublie pas (Folio policier, 2007).

***

Peut-être avez-vous entendu parlé de ce roman qui a récemment défrayé la chronique.
En effet, son auteur est attaquée en justice par les dirigeants du déballage Dreyfus, plus connu sous le nom de Marché Saint-Pierre.
Ils n'ont guère apprécié qu'elle situe dans leur établissement son histoire de tueur psychopathe.
Ils ne réclament pas moins que l'interdiction du livre et 2 millions d'euros de dommages et intérêts... On croit rêver, c'est la liberté de création qu'on attaque !!!
(Le jugement sera rendu le 9 Avril prochain.)

En attendant, ils ont réussi, probablement bien malgré eux, à faire une publicité sans précédent à ce roman, par ailleurs excellent !

Reste qu'en lisant ce livre, je n'ai jamais ressenti quoi que ce soit de négatif à l'encontre du Marché Saint-Pierre.
Comme l'a écrit quelque part Stéphane Michaka, jeune auteur de polar lui aussi, ça donnerait même plutôt envie de découvrir ce lieu !

J'avoue, je l'ai acheté dans le but avoué de soutenir l'auteur.
Beaucoup ont fait comme moi, si j'en crois tout ce que je lis sur le net.
Reste que je me suis délectée des aventures de la demoiselle Levasseur, qu'on se sent bien à Montmartre et que l'esprit de ses commerçants, comme une grande famille, est particulièrement bien décrit... Et qu'il n'y a vraiment aucune malice à voir à ça...

Accessoirement, ce livre fait partie d'une nouvelle collection lancée par les éditions Parigramme, cette collection s'appelle Noir 7.5 et propose des fictions mettant en scène des lieux emblématiques de la capitale.
A découvrir sans aucun doute !

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27 mars 2010

Opale - Stéphane Lefebvre

Opale

Robin Mésange travaille pour L'Eclair boulonnais, un petit journal de la côte d'Opale. Il y écrit des articles sur la vie locale, qui suffisent à financer sa passion pour la photographie et sa propension à la flemmardise.
Tout bascule lorsqu'il prend sur le vif la chute d'un désespéré du haut du cap Blanc-Nez. les images à sensation se transforment en véritable scoop.
Faux suicide ? Vrai meurtre ?
Robin ne sait pas encore qu'il va devenir tour à tour témoin, suspect, complice... au péril de sa vie, et se trouver mêlé à une affaire sordide.

On sort d'Opale avec le sentiment d'un vrai polar, pas hard boiled pour un sou, mais bien dans la tradition française à la Vargas ou Pennac pour sa capacité à enrichir le texte de personnages attendrissants. Ch. L., Var matin.

On dirait le Pennac des débuts, transposé chez les Ch'tis ! Frédéric Beigbeder.

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Critique à venir... ;-)

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23 mars 2010

Paddy Clarke ha ha ha - Roddy Doyle

PaddyClarke

Dublin à la fin des années 60.
Paddy Clarke est un garnement de dix ans à l'imagination débordante qui n'adore rien tant que de jouer des tours pendables à ceux qui l'entourent.
Il rêve de devenir missionnaire, adore les Indiens, résiste aux coups dur mais a le coeur fendu quand ses parents se disputent.
Ses ruses de Sioux n'empêcheront pas son père de quitter le foyer conjugal.
Cruauté enfantine oblige, ses copains d'école se mettent à le boycotter : "Ha Ha Ha".
L'histoire de Paddy Clarke, ce petit frère de Huck Finn et de Holden Caulfield, a valu à son auteur, le grand Roddy Doyle, le prestigieux Booker Prize.

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Les romans de Roddy Doyle, je ne sais pas les lire, il faut que je les dévore.
Il faut dire que leur construction, sans chapitre, écrits tout d'une traite, incite franchement à ça.
Et puis, un môme comme Paddy Clarke, il faut plutôt cavaler pour arriver à le suivre ;-) !

J'attendais depuis longtemps la ressortie de ce livre, traduit par l'excellent Léon Mercadet, et c'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé les rues de Barrytown, ce quartier imaginaire de Dublin dans lequel Doyle situe l'action de ses romans.

Paddy, ses copains, son petit frère, sont les rois de la bêtise, mais on ne peut s'empêcher de les trouver attachants... Leurs inventions ne sont jamais bien méchantes... Sottes, oui, mais pas méchantes.
Roddy Doyle nous offre là une description tendre de l'enfance dans l'Irlande des années 60, avec ses hauts, ses bas.
C'est rempli de sensibilité et ça donne envie que le livre ne se termine jamais.
On rit, on pleure aussi, et tout ça, c'est juste grâce à Paddy.

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19 mars 2010

Les vieilles - Pascale Gautier

LesVieilles

Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n'est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des moeurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge ? Aussi, l'arrivée de Nicole, une "jeunesse" qui entame tout juste sa retraite, et l'annonce d'une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien.
Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contrepied de certaines idées reçues sur la vieillesse. On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses précédents textes.

Pascale Gautier est directrice littéraire aux Editions Buchet-Chastel. Ses romans ont été reconnus comme des textes singuliers et littérairement exigeants. Parmi eux, Trois grains de beauté, qui a reçu le Grand Prix SGDL du roman, et Fol accès de gaîté, tous deux publiés aux Editions Joëlle Losfeld.

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C'est au détour d'un magazine que je suis "tombée" sur une critique de ce roman, et je dois avouer que l'oeil rigolard de la mamie en couverture y a été pour beaucoup dans l'intérêt que je lui ai porté !
Et c'est sans regret car je me suis vraiment régalée à le lire.

Cette équipe de grands-mères est à mourir de rire.
Contrairement à ce que dit la quatrième de couverture, je trouve que c'est justement plein d'idées reçues... Mais d'idées reçues qui sont avant tout des vérités !
Qui n'a jamais vu sa grand-mère décrocher son téléphone pour appeler une de ses copines et entamer la conversation par "Vous avez entendu, au journal, Madame Michu..."...?
Tous ces petits travers liés à l'âge sont croqués avec tendresse, sans jamais aucune méchanceté.
Le chapitre 16, celui de la partie de Scrabble, a bien failli me laisser sur le flanc, tellement j'ai rigolé !!!

La seule chose que je changerais dans ce roman, c'est l'histoire de la "catastrophe imminente", ça n'apporte pas grand chose au récit et même, selon moi, le dessert en donnant l'impression que l'auteur veut se hâter de terminer son roman sans trop savoir comment faire.
Ça apporte aussi une touche d'invraissemblance qui coince avec la description détaillée et fidèle de la vieillesse.

Reste une impression d'ensemble très positive : très bon moment de lecture !

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18 mars 2010

Trois euros par jour - Nelly Zin, en collaboration avec Caroline Fontaine

3EurosParJour

Nelly fait partie de ceux que l'on appelle "les nouveaux pauvres".
Un jour, sa vie a basculé. Car rien ne prédestinait cette jeune femme munie d'un bac pro de secrétariat à être obligée de pousser les portes d'une banque alimentaire pour pouvoir nourrir sa famille/ Seulement voilà. Une séparation, la perte de son emploi, l'accumulation des dettes et Nelly s'est retrouvée à élever seule ses deux petites filles avec 3 € par jour.

Son histoire est d'une effrayante banalité. Sa lutte éprouvante.
Pourtant Nelly garde espoir. Elle refuse de baisser les bras. Pour ses enfants.

Digne et émouvant, souvent bouleversant, ce témoignage est exemplaire de la dérive économique de ces millions de Français tombés sous le seuil de pauvreté. Nelly a son histoire, son drame. Comme tant d'autres. Mais elle nous fait sentir que ça n'arrive pas qu'aux autres.

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Comme le dit la quatrième de couverture, l'histoire pourrait être banale.
Et elle l'est...
Les crédits revolving, le surendettement, les banques qui ne pensent qu'à faire chaque jour plus d'argent, un compagnon qui n'assume pas, le parcours administratif toujours plus obscur...
Oui, l'histoire est banale, mais ce livre à le gros avantage de "décortiquer" la descente aux enfers de Nelly, d'ouvrir les yeux sur beaucoup de choses auxquelles nous ne faisons même plus attention dans la société de consommation dans laquelle nous vivons.

Pour ceux qui n'y ont jamais été confrontés, comme moi, il y a aussi la découverte des absurdités du système...
"Madame, vous aurez une place en crèche pour vos filles quand vous aurez du travail."... Et comment fait-on pour chercher du travail avec "dans les pattes" deux gamines en bas âge...?
Celle-là... Et hélas tant d'autres !

C'est la France d'aujourd'hui... Cette même France qui ne se déplace même pas jusqu'aux urnes pour espérer voir cela changer...
*** Oui, je sais, un aparté... Mais beaucoup de mal à décolérer depuis dimanche dernier... ***
Il ne faut justement pas que tout cela devienne tellement banal qu'on ne le regarde plus comme ça doit l'être : quelque chose de tout à fait anormal dans un pays industrialisé et riche comme le nôtre.

Certes, Nelly a elle-même contribué à créer ses ennuis... Et elle l'assume totalement.
Souhaitons-lui juste de rester combattive comme il m'a semblé qu'elle l'était tout au long de ce récit.
Souhaitons-lui juste de pouvoir enfin un jour voir le bout du tunnel !

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15 mars 2010

Kolyma - Tom Rob Smith

Kolyma

Après le phénoménal succès d'Enfant 44, qui l'a imposé comme l'un des plus grands de la littérature policière, Tom Rob Smith nous revient avec un nouveau suspense mené de main de maître. Avec pour toile de fond l'Union soviétique d'après Staline, l'histoire d'un homme rattrapé par ses erreurs passées.

1956. La mort du "petit père des peuples" a plongé le pays dans le chaos. Tandis que Khrouchtchev entreprend sa politique de déstalinisation, les langues se délient : le temps est venu de régler les comptes.

Ex-agent zélé du MGB, Leo Demidov, aujourd'hui repenti, est à la tête d'un département de criminologie. Avec sa femme Raïssa, il a adopté deux fillettes, mais l'aînée, Zoya, hait ce père de sibstitution. Et elle n'est pas la seule...
Car, dans l'ombre, quelqu'un attend son heure, une femme que la colère et le sentiment d'injustice ont rendue ivre de vengeance.

Pour sauver les siens, Leo n'aura bientôt d'autre choix que de se jeter dans la gueule du loup : le terrifiant goulag de Kolyma...

Tom Rob Smith est né à Londres en 1979, d'une mère suédoise et d'un père anglais. Diplômé de l'université de Cambridge, il a travaillé comme scénariste pendant cinq ans. Après Enfant 44, traduit dans plus de vingt-cinq pays, en lice pour le grand prix des Lectrices de Elle et en cours d'adaptation cinématographique par Ridley Scott, Kolyma est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

***

Bon, autant le dire de suite, je fais partie de ceux qui ont a-do-ré Enfant 44.
Pour le côté historique et reconstitution de la Russie stalinienne et de l'atmosphère plus qu'oppressante qu'il y régnait au quotidien.
Pour le fond de l'histoire et le personnage de Leo, le genre courageux qui va au bout de ses idées quitte à tout perdre.
Ce livre m'avait vraiment pris aux tripes... Ce n'était pas Leo, mais moi qui fuyais à travers les grandes étendues sibériennes, qui bravais tous les dangers, jusqu'à arriver à cette fin de roman aussi inattendue qu'atroce...

Alors, évidemment, quand Kolyma est sorti, et surtout, que j'ai compris que c'était comme une suite du premier, je me suis jetée dessus.
Et puis, la Kolyma, le goulag, je me disais que ça pouvait être un thème intéressant, tout à fait dans la lignée de ce qui avait été développé dans Enfant 44.

Hélas, du goulag, il n'est question que pendant 145 pages des 403 qui constituent le livre... Et encore, je compte depuis le début du transfert des prisonnier par bâteau, jusqu'à leur retour à Moscou...
Je ne suis pas une nostalgique de l'ère Khrouchtchev, loin de là, mais malgré une reconstitution historique parfaite, comme dans le premier, je me suis dit que ça aurait mérité qu'on s'y attarde encore plus, car on est là presque dans l'anecdotique, j'ai trouvé l'histoire plus brouillon, j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait nous mener...
Tout cela se termine sur l'insurrection hongroise d'octobre 1956, à mon avis très bien décrite et véritablement étayée de faits historiques. Et c'est terriblement difficile à encaisser...

Reste le personnage de Leo, qu'on cerne bien plus difficilement que dans le premier roman de Tom Rob Smith... Repenti certes, mais bien moins étoffé de mon point de vue.

Cela dit, je râle, je râle, mais il est toujours difficile pour un auteur de faire aussi bien avec son second roman quand le premier a été une telle "bombe".
Il n'en reste pas moins que Kolyma est un très bon roman, à la fois policier et historique, et qu'il vaut vraiment la peine d'être lu !!!

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